Airbay Data
Concevoir, faire évoluer et sécuriser des logiciels métier utilisés tous les jours — d'abord en stage, puis en alternance, dans la même équipe.
Les 14 chantiers
Chaque chantier a sa page. Les neuf premiers datent du stage : les deux premiers forment le projet phare, les suivants sont les missions menées en parallèle. À partir du dixième, ils datent de l'alternance, où je porte des projets de la demande du client jusqu'à la recette.
Le stage — mars à juin 20269 chantiers
La reprise de l'historique
16 402 dossiers reprisFaire entrer seize mille dossiers et cent trois gigaoctets de pièces, venus d'un outil où rien n'était contraint, dans une base déjà utilisée tous les jours par deux cents personnes.
Lire ce chantier →02Projet phare — second voletLa passerelle entre deux CRM
2 bases de production synchroniséesFaire dialoguer en continu deux CRM vivants, sur deux bases physiquement séparées, sans jamais créer un doublon ni perdre un dossier — et fermer au passage une fuite d'isolation entre clients.
Lire ce chantier →03Mission en appui — prise en mainLe moteur de recherche de profils
Chercher par intentionUn moteur qui retrouve des profils professionnels à partir d'une question posée en français, dans une grande base d'anciens élèves. Mon premier contact avec les bases vectorielles.
Lire ce chantier →04Mission en appuiDu prototype à la plateforme
Extraction documentaireUn script de traitement documentaire, efficace mais jetable, transformé en application multi-utilisateurs avec base, comptes, rôles et historique — sans perdre le cœur métier existant.
Lire ce chantier →05Mission en appui — prototypeDes appels aux données
L'audio devient des champsTransformer un enregistrement d'appel commercial en informations structurées réutilisables — avec un mode où l'utilisateur décrit en français ce qu'il veut extraire, et le système fabrique lui-même la liste des champs.
Lire ce chantier →06Mission en appuiLe bot de facturation
Facturer par messagerieUn assistant conversationnel qui permet à un indépendant d'émettre ses factures depuis sa messagerie, sans ouvrir un logiciel. Un périmètre modeste, mais maîtrisé de bout en bout.
Lire ce chantier →07Mission en appuiLe bot de notes de frais
Photo du ticket, données classéesLe successeur du précédent : on photographie un justificatif, le bot en extrait les données et les classe automatiquement par catégorie de dépense.
Lire ce chantier →08Mission en appui — livraisons continuesLe CRM commercial
Traduire la réglementation en codeUn moteur de règles qui décide si un bien est éligible à un financement, une modélisation du bâtiment avant et après travaux, et un bug de marge qui n'était pas un bug de calcul.
Lire ce chantier →09Mission en appui — audit de sécuritéL'entrepôt de données foncières
7 sources publiques croiséesUn outil qui enrichit des prospects à partir de sept sources publiques pour estimer un potentiel de travaux — et dans lequel j'ai trouvé une table de données personnelles ouverte à tous les utilisateurs.
Lire ce chantier →L'alternance — depuis septembre 20265 chantiers
L'application d'archivage OCR
Du cadrage à la mise en ligneDéposer une facture, la faire lire par la machine, vérifier ce qu'elle a lu, puis interroger tous ses documents en français. Un projet parti d'un dépôt vide, que j'ai mené du cadrage à la mise en ligne.
Lire ce chantier →11Alternance — suite du projet phareLe CRM d'audit, en production
826 dossiers rapprochésDeux demandes du client livrées sur deux bases à la fois, une panne de synchronisation datée puis rattrapée sans écart, et une alerte de sécurité prise au sérieux.
Lire ce chantier →12Alternance — plus de cent utilisateursLe CRM partenaire, au quotidien
Des règles d'accès qui tiennentDes règles de sécurité perdues sans bruit et restaurées, une erreur de migration assumée et réparée ligne par ligne, et une fonction « se connecter en tant que » traçable de bout en bout.
Lire ce chantier →13Alternance — cadrage et réunions clientLe CRM commercial, côté direction
Un classeur de 15 onglets analyséUn tableau de pilotage bâti sur les seules données déjà tenues, une réunion de cadrage préparée puis suivie en direct, et un classeur de direction traduit en sept lots de travail.
Lire ce chantier →14Alternance — reprise d'un projet, en coursL'outil d'études de marché
Reprendre un projet livré en archiveUn outil qui transforme des dizaines de milliers de recherches en ligne en un tableau de concepts lisible. Reçu sous forme d'archive, sans historique, dans un domaine que je ne connaissais pas.
Lire ce chantier →Le contexte
L'entreprise édite des logiciels de gestion de la relation client sur mesure pour des sociétés du secteur de la rénovation énergétique. Elle n'exploite pas elle-même les dossiers de travaux : elle fabrique les outils qui permettent à ses clients de le faire, déployés et maintenus dans la durée. Plusieurs produits coexistent, partagent un socle technique commun, servent des métiers différents, et doivent se parler.
Chacun est une base de production vivante. Le CRM principal sur lequel j'ai travaillé est utilisé au quotidien par environ deux cents personnes, réparties sur six métiers aux besoins très différents. Toute opération sur ses données avait un effet direct et immédiat sur le travail de ces utilisateurs — il n'y avait pas d'environnement de répétition.
Pourquoi ce métier complique la base
Ces logiciels servent le montage de dossiers de travaux financés par le dispositif des Certificats d'Économie d'Énergie. Pour chaque opération — isoler des combles, installer une pompe à chaleur — il faut constituer un dossier conforme à une fiche standardisée, et chaque fiche définit ses propres critères techniques d'éligibilité et ses propres pièces justificatives.
Cette contrainte réglementaire descend directement dans le modèle de données, et c'est ce qui rend le sujet intéressant :
- Un état technique très détaillé. Type de chauffage, émetteurs, production d'eau chaude, parois, menuiseries, surfaces — tout cela conditionne l'éligibilité et doit donc être modélisé finement, pas résumé.
- Plusieurs fiches pour un même dossier. Un dossier peut relever de plusieurs fiches simultanément, ce qui interdit de réduire la fiche à un simple champ. Une évolution du modèle a consisté à la faire passer d'une valeur unique à une liste.
- Des calculs normés. Les volumes d'énergie économisée dépendent de paramètres réglementaires — zone climatique, situation du ménage — qui doivent être stockés et rester justes dans le temps.
- Une chaîne à cinq acteurs. Apporteur d'affaires, commercial, planificateur, inspecteur ou thermicien, administration : un même dossier passe entre leurs mains successives, et chacun ne doit voir que son périmètre.
Et la règle simple — « chacun ne voit que les dossiers de son agence » — ne suffit pas : un planificateur ou un inspecteur doit légitimement déborder ce cloisonnement. Cette tension entre cloisonnement par défaut et dérogations métier est exactement ce que la sécurité au niveau de la base a dû exprimer.
Ma place exacte
Je n'ai pas construit ces produits depuis une page blanche, et je préfère le dire clairement : le socle applicatif — interface, authentification, écrans de saisie, navigation — avait été conçu par un développeur de l'équipe avant mon arrivée, et le client validait les besoins métier.
J'ai été intégré comme référent du volet données et intégration. Le modèle, les migrations, l'intégration entre systèmes, la qualité, la sécurité, et surtout l'exécution en production, relevaient de ma responsabilité. J'ai travaillé en grande autonomie sur ce périmètre.
Trois principes de méthode
- Sur une base vivante, avancer par étapes. Jamais de migration de schéma sans sauvegarde préalable et sans stratégie en plusieurs temps : d'abord additive — ajouter sans casser l'existant — puis en double écriture, et seulement ensuite la suppression de l'ancien dispositif, une fois la cohabitation validée.
- Exécuter à la main, et le revendiquer. Les migrations étaient jouées une par une dans l'éditeur de la base de production, après relecture. Ce choix volontairement artisanal force la vigilance sur une base partagée — au prix d'une industrialisation incomplète que j'assume et que je critique plus bas.
- Tout doit être vérifiable. Une donnée migrée ou synchronisée n'a de valeur que si l'on peut prouver son intégrité. Chaque traitement était donc accompagné de comptages, de requêtes de cohérence, et de contrôles miroir bilatéraux lorsque deux systèmes devaient refléter la même réalité.
Ce que le stage m'a appris
À écrire des opérations qu'on peut relancer sans dégât si elles s'interrompent, à vérifier avant d'écrire plutôt qu'à réparer après, et à accepter qu'une donnée imparfaite entre quand même — à condition de la marquer comme telle.
Chaque incident m'a laissé un réflexe de diagnostic réutilisable : vérifier la donnée avant d'accuser le code, inspecter un enregistrement réel avant de conclure, suspecter l'effet de bord d'une opération structurelle. Cette capacité à isoler une cause sur un système complexe est ce que je retiens de plus précieux de ces trois mois.
Une limite, enfin, que je dois reconnaître. Appliquée manuellement, ma discipline de migration ne maintenait pas d'état fiable de ce qui était réellement passé en base. J'ai découvert sur certaines bases héritées des migrations partiellement appliquées — la structure passée, mais une contrainte oubliée — produisant des bugs qui ressemblaient à des erreurs de code alors qu'ils venaient du schéma. Un véritable gestionnaire de migrations versionné est la première amélioration à apporter.
Il manquait aussi une alerte automatique sur la cohérence des données : le suivi reposait sur des contrôles manuels après opération. La vigilance humaine restait indispensable, ce qui n'est pas une garantie qui passe à l'échelle.
L'alternance : ce qui a changé
Depuis septembre 2026, je suis dans la même équipe en alternance, pour les deux années de mon master. Le périmètre s'est élargi : je ne tiens plus seulement le volet données, je porte des projets entiers.
- De la demande à la livraison. L'application d'archivage OCR est partie d'un dépôt vide : note de cadrage, comparatif chiffré, maquette, questions au tuteur, développement, mise en ligne, film de présentation. Tout est passé par moi.
- Face au client. Je prépare les réunions de cadrage, j'y réponds en direct, j'en rédige le compte rendu et je découpe ce qui en sort en lots de travail. Une demande ambiguë repart chez le client sous forme de question fermée, pas de supposition.
- La recette fait partie du travail. Une livraison n'est terminée qu'après vérification en production : code déployé comparé au code versionné, droits testés de l'extérieur, parcours rejoués sur des données de test créées puis supprimées.
- Les erreurs se disent. Une migration qui a touché plus de lignes que prévu, un envoi sur la mauvaise branche : chaque fois, l'impact chiffré est annoncé à l'équipe, réparé, puis une règle est écrite pour que ça ne se reproduise pas.
Ce qui n'a pas changé : aucune écriture en production sans validation, et aucune dépense de l'entreprise engagée sans accord.